dimanche 1 septembre 2013

Je viens de terminer une première lecture comme une première traversée de L'ASTRE DES ANEANTIS qui n'est pas de tout repos tant les orages grondent et roulent de tous côtés...

José Galdo

J’ai bien reçu « L’Astre des Anéantis », âtres-êtres d’un feu dont les AA entonnent l’Artaudienne… Un immense MERCI pour ce chef-d'œuvre...

Jean-Pierre Espil








AUX DIGUES ROMPUES de la vie et de la mort, la révolte aux yeux fixes a consumé tous ses feux, mais rien n’efface ses ruines de lumière.

Le ciel se poignarde le mou pour donner à l’espace sa cognée de traits invincibles, cette barre immense d’un regard à l’assaut là où nul visage ne peut suivre, et rien n’est inventé. Rien de moins inventé, rien de plus dur que ce ghetto des douleurs placardées au ciel des villes, cette croix de guerre jaillie de la brusquerie symétrique des yeux, du nez et des lèvres, réduits au pan d’écorchement qui n’est plus un visage mais l’armée de l’absolu.
Au-dessus des villes, au sommet de l’horizon, un carré de ciel encastre ce regard intégral braqué sur la ville comme une forêt de pieux en travers de la vie, cette brûlure du thorax précurseur où fierté, race, tendresse et meurtrissures font la fresque d’un monde passé par le cœur comme on passe par les armes, tout en donnant l’exemple sanglant aux autres territoires. Si bien que la vie, face à l’augure rageur, ne peut plus être que de la ville inventée, de la ville battue aux armoiries de la chair fusionnée au métal, falaises d’acier dénudant la verticale des méandres, sans plan ni préavis urbanistique, révélant d’autres trajectoires plus droites, plus directes que les serpentements de béton au défilé desquels on passe des années à se regarder mourir.

Les yeux levés cherchent une prise, à moins qu’il s’agisse d’une révulsion de la tête défaillant à la renverse pour n’y trouver qu’une certification de l’impossible arrachement. C’est surtout la volonté qui, d’une œillade, se jauge la force et vérifie que son creuset est bien partout là où rien ne lui répond. Dans ces haillons d’espace, la volonté ne cherche pas son miroir profond, son miroir vivant, son double ou l’autoportrait de son empire, elle n’y laisse monter, n’y laisse passer que les appelés de sa puissance, c’est-à-dire toute la matière absolue : les grands visages purs sans appel, les massacrés incorruptibles, les belles au grand cœur, les enfants vraiment enfants en chemise de nuit sur une butte d’apparition, les pauvres dont les puits de mort au poitrail sont les orgues de la grandeur, et quelques morceaux de nature courageusement alliés à la beauté de combat qui signale l’être bon [...]

(Les premières lignes de
l'ASTRE DES ANEANTIS)

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L'ASTRE DES ANEANTIS
lu par

JOSE GALDO

Cher Nicolas,

Je viens de terminer une première lecture comme une première traversée de L'ASTRE DES ANEANTIS qui n'est pas de tout repos tant les orages grondent et roulent de tous côtés...
J'ai d'abord été surpris par cette tornade de fulgurances sur la "ville" comme une offensive spectralisée jusqu'à l'abstrait... Ces labyrinthes de morts vivants où se meuvent la mort dans la vie et la vie dans la mort dans la coulée lente de l'agonie généralisée...
J'ai noté au fur et à mesure beaucoup de passages d'une intense lumière à relire et à entendre dans ses extrèmes ramifications de sens...
Au milieu de cette armada de mots tendus, j'ai retenu certains traitements de thèmes qui m'ont infiniment touché comme: "L'arbre a tout vu, il était là, au moment éternel, il y est toujours." car comme toi, je le considère comme "ce totem absolu" immédiatement et irrémédiablement détruit par la lumière noire de l'humain dans son destin mutilatoire de la vie où se joue cet éternel drame aveugle de "la souche (...) n'est pas le reste d'un arbre mort mais la naissance d'un arbre détruit" et où "si chaque arbre est l'envoyé d'un cri, chaque souche est l'arrachée d'un cœur"...
Or, c'est bien là, comme tu le pointes, que se résume toute l'inutilité de l'espèce humaine sur terre avec "L'homme médusé (...) sent la fin proche si un quartier d'absolu tarde plus longtemps à se dresser devant lui"...
J'ai aussi apprécié cette remise au terrier de l'esprit du renard réel après de siècles de personnification débile due au lubrique fabuliste...
Mais, il y a surtout ces pointes extrêmes aux frontières métaphysiques qui me touchent infiniment comme: "les cœurs tués sont des poignards pour le néant", ou "à mi-corps de la vie et de la mort, sur cette ligne de front où la mort reste de la vie éclatée", ou "l'offensive de la douleur vidée de ses cris", ou encore "c'est tenir, droit et désintégré"...
Par ailleurs, on peut déjà entrevoir de nouveaux chantiers à ouvrir sur "la peinture" avec cette extraordinaire question:" Et si le peintre ne peint plus à la souffrance, à quoi peint-il donc ?"...ce qui peut s'appliquer aussi à la "poésie" et au "poème" avec:" Le héros peintre ne fait pas la file des bons tableaux, il vit dans son tableau retrouvé."...
Et aussi ces très beaux passages sur Vincent Van Gogh et cette mise en avant, trop brève, du "dessin" comme acte pur de vie vraie...
Enfin, "le visage" qui se démultiplie à l'infini en traversant ton livre pour s'engouffrer dans l'énigme de la face où - pour ma part - j'ai creusé comme un damné sans jamais toucher le fond de l'origine et où tu lances: "le débit des coups a fini par ouvrir entièrement le visage" et "mais je nomme visage ce qui prend face au bout de mes bras fantômes"...et cela me réconforte qu'un même objectif - par un autre cheminement - soit un enjeu majeur et définitif de l'expérience intérieure dans le sens où nous l'entendons...

Amitiés
José

Puisque:"Une amitié, ce sont deux douleurs approchées qui ne se demandent rien mais échangent cette courtoisie au couteau qui a traversé les égouts baroques du monde"...

PS:Je me retrouve très bien dans ce mode de respiration innée où "l'astre des anéantis est une suffocation qui respire."...


JEAN-PIERRE ESPIL


Cher Nicolas Rozier

J’ai bien reçu « L’Astre des Anéantis », âtres-êtres d’un feu dont les AA entonnent l’Artaudienne… Un immense MERCI pour ce chef-d'œuvre, ta dédicace et ta lettre d’accompagnement !

« pour Jean-Pierre Espil
dont les larmes de
barbare
brûleront tout
quand l’éternité aura
trouvé
son vrai zénith
Avec l’amitié de Nicolas »

En cette puissante forêt de visions, le territoire est sans limites, c’est ainsi que fonctionne la magie naturelle… Tes 7 « Des-Astres » dansent la faux de la Folle, l’Illimitée…

- Hèlent « les broyés vivants… » La Terre est un continuum miraculeux où les Animaux mangent leurs embryons et régurgitent leurs vieux... L’espèce « zum1 », la spéciste, bouffe ses larves et ne crache jamais…

- Tancent « les laminés », le « lâcheur », « la sœur d’un exode à travers les collections de nos rages », « Écrasé sur la route, le renard... »… Je suis le Renard de Haine armé jusqu'aux Arbres...

- Exhortent « Frère détruit » arraché vivant à sa chair de terre, « frère droit, triste et fier de mes enfants massacrés », et « C’est la fusion, la continuité déchirante du peintre à son bourbier d’œuvres, sa panique bourbière qui prévaut. »

- « Frère détruit est l'ami dans le vide. »

- « La débandade signe l'avènement sinistre qui n'est plus ce trait de règne cruel tel qu'on l'a connu au cours des âges de fer, mais la nappe atmosphérique suée par l'incrustation des mobiles incurables, intouchables comme une infection audible au fond des corps. »

- « C'est le démembrement interne de la forêt de viande qui masque l'écriture, celle qui saigne dur, incomparablement dur au point supplicié du langage, quand toutes les lettres sont des bâtons calcinés, mais surtout une poignée de SAMARITAINS impensables qui aiment dans le vide. »

- « C'est l'étoile géante du cimetière des étoiles, l'étoile qui s'est arrachée la parure scintillante pour n'être que le ventre chaud des étoiles fédérées, ce banc d'étoiles chargées des milliards de regards portées vers elles par l'instinct d'absolu, ce lever de tête qui vient aux écrasés quand ils n'ont plus que la nuit. »

Mes mondes frères à Frère détruit : la bonté hallucinée...

« Ce que voient les Voyants est toujours identique. Ils ont un univers en commun qui ne se dévoile que sous le signe de l'extase. » Roger Gilbert-Lecomte

Avec toute mon amitié.

Jean-Pierre ESPIL

PIERRE DHAINAUT

[...] L'essentiel, cher Nicolas, j'ai consacré plusieurs soirées à lire l'Astre des Anéantis, mais lire, est-ce le verbe exact? il en faudrait un autre moins fade ; une fois que l'on ouvre votre livre, il nous frappe, il nous happe, on se laisse emporter jusqu'au vertige, mais le vertige avec lui est synonyme de conscience, de conscience plus vive, plus ardente. Quelle énergie, constamment, qui brise, qui redresse à la fois! Tout est ainsi paradoxal, et c'est le signe même d'une nécessité absolue. La violence qui saccage émane des profondeurs d'une bonté trahie. Et je voudrais citer ici en particulier tout le deuxième chapitre "L'armée des arbres". Une phrase au moins, celle-ci : "chaque tronc est une croix de l'amour démembré." Mais démembré, pantelant, l'amour palpite encore, et dans les ténèbres du monde, il vit, il nous ordonne de ne jamais lâcher prise. Ce que vous dites, cher Nicolas, comme ce que vous peignez en témoigne grandement. [...]

JACQUES ANCET

Dans les premières pages de l'Astre des Anéantis, je retrouve la force visionnaire de votre écriture enracinée dans
le terreau grouillant d'images hallucinées où se fait et se défait le monde qui est le nôtre.




MARCEL KATUCHEVSKI


Je me suis également plongé dans L'astre des Anéantis et je n'en suis pas encore ressorti. Dans votre message vous attiriez mon attention sur "les tronçons d'art ou le grand bûcheronnage".Vous fîtes bien.
Dernièrement, bataillant dans la pénombre avec une forme qui me hante, qui régulièrement monte à l'assaut, ou peut-être n'était-ce qu'une vieille hantise lancinante, qui enfin trouvait, simple parure, une forme. Dernièrement, j'ai pensé, nullement pensé, ce n'est pas cela,- une voix(vie de poète), ânonne, griffonne, me dicte : portrait de l'artiste en loques. A exécuter roidement . Effacement. Avant de lire "...cet autoportrait de l'artiste en monde déchiqueté."
Vous liez, nouez, tressez, amitié et dessin, angoisse et fièvre, hantise, trou noir, avancée dans la nuit.
Que voit-elle? Que veut-elle? la déesse Nyx.
Immersion dans une langue très étrangère, aux confins , aux antipodes, qui ne me lâche pas. Elle martèle, harasse. Pas d'abri. Pas de temps. Faire front. Tronc. Ruissellement. Harassement. Troué.
Suis-je suffisamment harnaché? Excusez du peu.
C'est fracassant. Je n'en suis pas encore ressorti.

A vous,

Marcel




LUCIEN HUNO BADER

Un grand merci à vous en lisant cet ASTRE DES ANEANTIS, au firmament de la détresse d'être, dont l'image évoque des poètes de la race des voyants (bien que je n'aime pas trop le mot "race"), des ciels à la Nerval, des horizons d'apocalypse d'Albrecht Dürer, la grosse boussole de feu de Van Gogh et la noire, très noire désolation de Jacques Marie Prevel. Des textes visionnaires drainant dans leur sillage interne un fil d'Ariane qui me téléguide malgré - et c'est tant mieux - des divergences du regard entre nous [...]

Amitiés
Lucien Huno Bader


GUY BENOIT

Cher Nicolas,

Nous ne baignons pas dans la caresse, mais sur ton Astre des Anéantis, nous sommes confrontés à un devoir d'angoisse et de fraternité inassouvies.
Le tour de force d'une bonté rageuse: accolements baroques, des rafales de presqu'oxymores affluent. Catapultage des copeaux dans la plaie.
C'est totalement héroïque, un partenariat héroïque, du douloureux très corsé. On est subjugué par la loyauté de ton lyrisme épique parce qu'on navigue à vue sur des monceaux d'apocalyptique comme un soulagement.

Dans "l'honneur de l'amitié" je te serre la main.

Guy BenoîtFRANCOISE DUVIVIER

"L'Astre des Anéantis" cogne dans ma tête. Il s'agit ici d'une écriture entre la douleur et un espoir illuminé. Ce livre m'est incandescent par sa lutte intérieure. Je suis entrain de de le lire ou de le déguster. J'attends l'effet final - cet instant de désespoir profond lorsque le livre se ferme et que l'on s'aperçoit l'avoir fini. Cet instant est souvent saisissant -voir plus ou moins .... et j'attends de l'éprouver. Je ne suis qu'emportée par des chaos visuels. Oui "visuel" ... ou bien ai je le défaut du métier? - Ce visuel qui s'embrase au-contact de ton écriture. J'estime pas ordinaire malgré l'usage de la langue française parfois romantique. Les flashes sont impressionnants. Quelque-part, ça me rappelle les tableaux de l'école Flamande, certaines peintures de l'époque et qui restent gravés dans la mémoire. En-effet, je suis souvent surprise par ces paysages et ces visions -tiens? ... de la récente dite dernière guerre.
Voici pour l'instant, le champs de mes ressentis bien que brefs. L'écriture est infinie.
J'ai pu lire les impressions de Guy Darol à-propos, et je m'y retrouve un peu.
Toutes mes excuses pour mon écriture peu bavarde à-propos. Il fut un temps où je me mis à haïr l'écriture, j'en vins à lire des gens comme Peter Handke, dans une écriture scénariste, courte .... et puis le bruit, voir le mouvement bruitiste et simplement. Oui, je t'envie de croire encore en l'écriture ... ton livre est là plein d'espoirs et dénudant ceux qui écrivent et continuent d'écrire dans la pénombre. Tu les dévoiles, les mets en-avant, dénonçant l'injustice de leur statut d'écrivains - en t'affichant toi-même à-travers ce statut infériorisé.

LECRITURE _________ LES CRIS ____ su(TURE) _______ L'E (laid) ____ (tor) TURE _________ ça CRI(s)
LES (t) LES (sss) ______ su (TURES) ....
Bref, ce sont mes quelques mots et j'en dis trop, me ressentant incapable de déchirer l'écran.

Françoise




MATHIEU BAUMIER & GUY DAROL POUR L'ASTRE DES ANEANTIS


Comment rendre compte d’un tel ouvrage ? L’Astre des Anéantis, par son flux d’écriture et sa forme, répond, en tant que texte, à ce qu’est son titre : une sorte de rareté provenant de l’infini, mais celui du microcosme, l’infini intérieur de l’être animé, et passant à travers nous, évoque ce que nous sommes devenus : des anéantis. Que la forme et le fond d’un texte soient à ce point en cohérence n’est pas si fréquent. On pense, de ce point de vue, non pas pour des raisons de style ou autre, simplement du point de vue du flux intérieur de cet écrit, à une réunion entre les intériorités de Bernanos, Dietrich, Prevel, Gilbert-Lecomte et tous les écrivains décharnés des années 30 en France, ceux que l’on nomme parfois les non-conformistes. L’auteur de L’Astre des Anéantis ne se reconnaîtra pas forcément dans cela, ce n’est pas grave. Nicolas Rozier ne prétendra pas maîtriser l’effet produit sur un de ses lecteurs. Par contre, ce livre est d’une maîtrise stylistique exceptionnelle. À mon sens, bien que n’ayant pas la forme habituelle du poème, pas plus celle de la prose poétique, ce texte entre clairement dans le champ de la poésie. Parce qu’il s’agit de l’expression de fractures de l’intérieur d’un être écrivain, lequel vit dans un monde qui fait violence à cette même intériorité. Et l’ouvrage commence ainsi :

« Aux digues rompues de la vie et de la mort, la révolte aux yeux fixes a consumé tous ses feux, mais rien n’efface ses ruines de lumière. Le ciel se poignarde le mou pour donner à l’espace sa cognée de traits invincibles, cette barre immense d’un regard à l’assaut là où nul visage ne peut suivre, et rien n’est inventé. Rien de moins inventé, rien de plus dur que ce ghetto des douleurs placardées au ciel des villes, cette croix de guerre jaillie de la brusquerie symétrique des yeux, du nez et des lèvres, réduits au pan d’écorchement qui n’est plus un visage mais l’armée de l’absolu ».
Violence et douleur de l’expérience de l’être au monde, celui qui est dans ce monde mais point vraiment de ce monde, violence et douleur de l’être plongé dans la matière urbaine. Violence, douleur et affrontement de l’être avec le monde et lui-même, quand l’écrivain plonge dans ses méandres intérieurs et écrit ce chemin, cette plongée, cette quête à la recherche de ce « lui-même » extraordinairement dispersé et perdu en ce même lui-même. Cet ouvrage qui, par ailleurs, écrit aussi une relation à la peinture, univers essentiel de l’écrivain Nicolas Rozier, apparaît comme une sorte d’œuvre au noir par l’écriture, une station sur le cheminement alchimique créateur de l’être poète. Rozier ne sera, là non plus, pas forcément en accord, et de nouveau cela n’importe guère : cette écriture mène à autre chose, vers un ailleurs, non parce qu’elle ne serait pas aboutie, elle est au contraire très aboutie, mais parce que Rozier écrit en marchant vers un pays merveilleux où l’on n’arrive jamais. On parlera sans doute de désespoir au sujet de ce livre. Mais alors, c’est de ce désespoir évoqué par l’Evangile de Jean, repris par un Daumal, celui qui conduit à l’Espérance.
Matthieu Baumier, La cause littéraire

Matthieu Baumier sur le site : la cause littéraire.


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POÈTE RARE

Cette prose d'effarement est l'oeuvre d'un écrivain et peintre qui pratique l'art du reflet. En effet, ses acryliques comme ses écrits sont d'une même encre, trempée dans le "lyrisme des affres". Son Tombeau pour les rares(Editions de Corlevour, 2010) assemblait vingt-sept portraits comme un "rébus d'apocalypse" où étincelaient d'une lumière noire les noms de Luc Dietrich, Jean-Pierre Duprey, Unica Zürn, Colette Thomas ou encore Paul Valet. Des noms errants qu'il convient d'attraper au vol, athlétiquement, puisqu'aucun effort n'a été réalisé pour qu'ils soient rendus visibles, accessibles ainsi que sont les livres qui s'éternisent sur les rayonnages, sans profit durable pour le lecteur.
Nicolas Rozier nous est fraternel au même titre qu'Antonin Artaud sur lequel, à propos d'un de ses dessins, il écrivit L'Ecrouloir (Editions de Corlevour, 2008). C'est donc un poète rare, habité par le refus de céder à l'emprise des mercenaires, de succomber au temps de la vanité, cette époque dont il contemple les ruines et que son style, d'une suprême élégance, résume en forme d'abîme. De phrases effilées en traits aigus, Nicolas Rozier déchire toutes les gangues d'apparence qui composent désormais ce qui reste d'êtreté pour nous faire voir, d'un tout autre regard, "la trognerie débinée du trombinoscope mondial".
On le croirait répugné, gravement atteint de renoncement. Il n'en est rien et c'est la force poignante de cette prose. Alors qu'il décrit l'homme médusé, les forêts déclassées, "le pli de catastrophe" sous le ciel bleu, sa parole espère. Elle appelle l'enjouement, la bonté, l'amour. Elle redonne vie à ce qui est mort. Elle insuffle, comme le retour du grand air nietzschéen, un pointillé de possibilités, l'énergie de l'arbre, la puissance de tout coeur. Seulement l'hypothèse est étroite, de plus en plus étroite, et suspendue à des rages. "L'astre des anéantis est une suffocation qui respire".


Guy Darol, Le Magazine des Livres, juillet/août 2011.




Commander le livre sur le site des éditions de corlevour 
Si L’ASTRE DES ANEANTIS avait une forme discernable, il serait suspendu comme une étoile majeure au sommet de l’horizon, là où son feu braqué ne lâche aucun de ses hommes. Mais il n’a aucune image à brader dans les regards et nulle exploration n’en délimitera l’emplacement. Son alliage de toutes les noblesses pulvérisées ne se donnent qu’à certaines conditions irréversibles, certains leitmotivs ancrés sans retour dans la douleur et la valeur. Sans retour, c’est-à-dire indiscutablement, sans passer par cette approbation du forum pour hurler à la face du monde ce qui dévore le cœur.

Dessinées en creux de ces massifs bouleversés où les êtres conquièrent les territoires qui les engloutissent : les bases jetées d’un portrait de race.
(Quatrième de couverture)


L'ASTRE DES ANEANTIS, Editions de Corlevour 2011, 100 p. 15 euros
Commander le livre sur le site des éditions de corlevour

mercredi 24 août 2011



 
Gouache sur papier, 42x29,7cm, 1997




 Gouache sur papier, 42x29,7cm, 1997
(collec. privée)






Gouache sur papier, 42x29,7cm, 1997
   (collec. privée)





Gouache sur papier, 42x29,7cm, 1997
(collec. privée)




Aquarelle sur papier Arches sur papier, 42x29,7cm, 2001






   Huile sur toile, 100x81 cm, 1998







     Huile sur toile, 81x100cm, 1998






 Huile sur carton contrecollé sur bois, 70x70cm, 2000






                                                     Huile sur carton contrecollé sur bois, 70x70cm, 2000








Huile sur toile, 110x110cm, 1999





Huile sur toile, 92x73 cm, 1999


                                                                           


Huile sur toile, 46x33 cm, 1999, collec. privée


Huile sur toile, 46x33 cm, 1999, collec. privée



Huile sur toile, 100x70 cm, 2003







Huile sur toile, 120x120 cm, 2004






Huile sur toile, 70x70 cm, 2004




Huile sur toile, 55x46 cm, 2004
(collec. privée)




                                                                                     
                                                                                                  Huile sur toile, 100x81 cm, 2001









Gouache sur papier marouflé sur toile, 100x70 cm, 2003
(collec. privée)







Gouache sur papier marouflé sur toile, 100x70 cm, 2003




Gouache sur papier marouflé sur carton, 100x80 cm, 2002









Gouache sur papier marouflé sur carton, 100x80 cm, 2003








Gouache sur papier marouflé sur carton, 100x80 cm, 2003
(collec. privée)







Acrylique sur toile, 150x120cm, 2003
(oeuvre détruite)






Encre sur papier marouflé sur toile, 100x80 cm, 2001






Mine de plomb sur papier, 65x50 cm, 2002
(collec. privée)


Pastel sec et pastel gras sur papier, 65x50 cm, 2002





Pastel sec sur papier, 65x50 cm, 2003






Pastel sec sur papier, 65x50 cm, 2003






Pastel sec sur papier, 65x50 cm, 2003
(collec. privée)




Gouache sur papier, 70x50 cm, 2003
(collec. privée)




Gouache sur papier marouflé sur toile, 65x50 cm, 2003






Gouache  et pastel sur papier marouflé sur toile, 65x50 cm, 2003
(collec. privée)





Gouache sur papier marouflé sur toile, 65x50 cm, 2003





Pastel sur papier marouflé sur toile, 65x50 cm, 2003




Acrylique sur papier, 42x29,7 cm, 2003







Acrylique sur papier, 125x90 cm, 2005





Acrylique sur papier, 120x90 cm, 2005



Acrylique sur papier, 130x90 cm, 2005




Acrylique et pigments sur papier, 150x120cm, 2005





Acrylique sur toile, 100x81 cm, 2005




Acrylique sur papier, 30x30 cm, 2004
(collec. privée)



Acrylique sur papier, 30x30 cm, 2004
(collec. privée)



Acrylique sur papier, 30x30 cm, 2004





Acrylique sur papier, 29x21cm, 2005
(collec. privée)



Mine de plomb sur papier, 32x24 cm, 2005



Acrylique sur toile, 116x89cm, 2005
(collec. privée)




Acrylique sur toile, 100x81 cm, 2006
          




Acrylique sur toile, 81x100 cm, 2006




Acrylique sur toile, 100x81cm, 2006
(collec. privée)





Acrylique sur toile, 100x81cm, 2007




Acrylique sur toile, 150x120cm, 2007




Acrylique sur toile, 100x70cm, 2007



Acrylique sur papier, 42x29,7cm, 2007
(collec. privée)




Acrylique sur toile, 150x120cm, 2007
(collec. privée)




Acrylique sur toile, 80x60cm, 2007





Acrylique sur toile, 46x38cm, 2007



Acrylique sur toile, 92x73cm, 2007
(collec. privée)




Acrylique sur toile, 120x150cm, 2008





Gouache sur papier, 48x36cm, 2008



Mine de plomb sur papier, 73x55cm, 2008


Pastel sur papier, 40x40cm, 2008




Pastel sur papier, 48x36cm, 2008



Pastel sur papier, 40x40cm, 2008





Gouache sur papier, 62x46cm, 2008



Mine de plomb sur papier, 65x50cm, 2008



Mine de plomb sur papier, 65x50cm, 2008





Acrylique sur toile, 100x81cm, 2008